Face aux députés lors de la séance des questions orales, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a livré une défense détaillée de la stratégie adoptée par le gouvernement dans la gestion des prix des carburants, un sujet particulièrement sensible pour les ménages marocains.
Elle a insisté sur le fait que l’exécutif n’aborde pas ce dossier uniquement sous un angle technique ou numérique, mais dans une logique plus large, intégrant à la fois les contraintes sociales, économiques et géopolitiques. Selon elle, les fluctuations actuelles des prix de l’énergie à l’échelle internationale, pouvant atteindre entre 40 % et 65 %, imposent un contexte difficile à maîtriser.
La ministre a rappelé que l’intervention de l’État dans ce domaine représente un effort budgétaire conséquent, estimé à environ 1,6 milliard de dirhams par mois depuis le 15 mars. Une charge importante que le gouvernement dit assumer tout en cherchant à préserver ses marges de manœuvre pour d’autres priorités stratégiques.
Parmi ces priorités figure notamment l’accélération de la transition énergétique, avec un accent mis sur les énergies renouvelables. Nadia Fettah Alaoui a expliqué que cette orientation s’inscrit dans une vision de long terme, privilégiant le développement durable plutôt qu’un retour en arrière vers des solutions centrées sur le raffinage.
Elle a également replacé la question des prix dans un contexte global marqué par des tensions internationales, notamment la situation au Moyen-Orient, ainsi que par les coûts logistiques liés au transport, à l’acheminement des marchandises et aux chaînes d’approvisionnement. Autant de facteurs qui influencent directement le pouvoir d’achat des citoyens.
Sur la question de la concurrence dans le secteur pétrolier, la ministre a tenu à écarter l’idée d’un monopole, soulignant qu’une dizaine d’opérateurs sont actifs sur le marché national. Elle a également rappelé que les prix des carburants sont libéralisés depuis plus de onze ans, tout en précisant que les ministères concernés assurent un suivi quotidien du marché afin de garantir son bon fonctionnement.
Enfin, elle a évoqué l’implication du Conseil de la concurrence, qui s’est déjà saisi à plusieurs reprises de ce dossier, confirmant l’attention portée à la régulation et à la transparence du secteur. Dans un contexte de forte volatilité, le gouvernement affirme ainsi privilégier une approche d’équilibre entre soutenabilité budgétaire et protection du pouvoir d’achat.


